—Plus que 30 secondes...
Le docteur Hamri appuya sur la touche du tableau de commandes qui ordonnait le démarrage du système. Il savait que son temps lui était compté et qu'il fallait agir vite. Ils étaient à ses trousses. Lui, pour eux, n'était qu'un misérable traître qui s'apprêtait à faire un geste dangereux. Il se trouvait dans le Centre de Recherche et de Manipulation Génétiques (CRMG), le plus prestigieux laboratoire du monde de Spira. Ici, ces dernières années, il avait entrepris des examens avec une équipe des plus grand savant au service de l'Etat. Cependant, ces études avaient abouties à un projet secret qui conspirait contre l'Etat de Valéria. Cette machination avait des airs de « sauver le monde », mais elle cachait une terrible vérité. Hamri en avait pris conscience et sa décision était prise. Il allait tenter de faire échouer l'opération « Pixie ».
— 10 secondes...
Les lumières vertes s'allumèrent. Le processus s'enclencha. Les halo se pointèrent sur les cinq capsules de verre qui intéressaient tant les scientifiques. Le fameux projet secret « Pixie ». Chacune de ces capsules contenaient un corps d'apparence humaine. Les Clones...
— ... 5 secondes...
Hamri savait qu'il ne pouvait pas en faire autant qu'il l'aurait voulu. Les Clones avaient été programmés dans un but néfaste au Roi. Le docteur avait conscience qu'il ne pouvait effacer toutes les données des Clones, mais, avec un peu de chance, ils pourraient être détournés de leur tâche... Hamri connaissait quelqu'un qui saurait leur apprendre.
— Princesse Vihcky... J'ai confiance...
Soudain, tout explosa. Le verre vola en éclats à travers toute la pièce, les tuyaux qui couraient sur le sol, les murs, le plafond, explosèrent. Le vieil homme se jeta au sol pour se protéger des projectiles. Le sol était inondé du liquide nutritif vert fluo.
— ...1, 0 !
Une nouvelle explosion. Un éclair fendit l'air et la lumière devint aveuglante. Le docteur fut ébloui. Il attendit quelques minutes. La lumière baissa, diminua, plongeant la salle dans une semi-pénombre. Il leva lentement les yeux pour apercevoir les corps. Le verre des capsules avait disparu en miettes. Le liquide s'était répandu au sol. Les Clones, eux, avaient disparu. Hamri poussa un soupir de soulagement. C'était exactement ce qu'il avait espéré. Les Clones s'étaient enfuis dès l'ouverture des réservoirs.
— Les Maîtres des Temps Jadis ont enfin été libérés... Comment apparaîtra le futur de Spira? Ils sont les seuls à pouvoir changer les choses à présent.
— N'en sois pas si sûr vieux débris...
Il avala sa salive. Ses poursuivants l'avaient enfin retrouvé. Ils ne se leurrait pas sur ce qui allait suivre...
Il releva la tête et regarda les chasseurs. Des Mercenaires... ils étaient trois. Deux hommes et une femme. Hamri se résigna. Il avait eu conscience depuis le début de se qui allait lui arriver s'il trahissaient les Magnats. Il n'y avait pas d'échappatoire.
Il ricana.
— Vous arrivez trop tard...
— J'imagine que tu as changé les données...
— Pas toutes... mais assez pour espérer.
— Espérer quoi ? Qu'ils se retournent contre leurs maîtres ?
La femme eu un rictus méprisant. Hamri la fixa, un air de reproche sur le visage.
— Comment peux-tu insinuer que je me trompe... C'est moi qui les ai créés. J'en sais plus qu'une vulgaire Mercenaire dans ton genre pour « espérer », moi.
Il avait prononcé son dernier mots d'un ton d'autosatisfaction, qui eu pour effet d'agacer la femme.
— Tu tiens donc tant à mourir ?
— Je ne tenais pas à regretter de ne pas l'avoir fait par la suite, en voyant le monde aux mains des Magnats, par ma faute...
— Tu n'es qu'un imbécile...
— Un fier imbécile.
Le plus imposant du groupe, un colosse, grogna son impatience. Son compagnon, une tête de tombeur, un sourire en coins, s'avança et s'adressa à la femme, comme en traduisant les sons du géant.
— On le descend oui ou non, Tchita ?
— Du calme, Apablo. Patience...
Elle le fixa un moment, puis il se tourna vers le vieil homme à terre. Il sorti son flingue et le braqua sur lui.
— Où sont-ils allé ?
— Je n'en ai aucune idée.
— Tu mens... siffla le Don Juan.
— Pense ce que tu voudras, demande moins ce que tu désireras, tu n'obtiendra rien de moi.
Apablo contempla le savant. Il sourit et appuya sur la gâchettes. Hamri sentit une violente douleur lui traverser la gorge, puis au second coup, la poitrine. Son sang coula, et se dilua dans le liquide vert. Dix secondes plus tard, Hamri était mort...